L' I D C

LA PHANEROSCOPIE

    Phanéron "gâteau"

 

La sémiotique de Charles Sanders Peirce procède d'une analyse phénoménologique en termes de modes d'être dans laquelle il démontre l'existence de trois catégories fondamentales qu'il nomme Priméité, Secondéité etTiercéité. Cette démarche triadique est inconsciemment révélée et mise en situation par l'interprète qui définit sa communication par ces modes phanéroscopiques. Dans chaque phénomène, ces trois "modes d'être" hiérarchisés se superposent de façon non réciproque.

 

Charles Sanders Peirce définit ainsi les éléments du phanéron :

" En donnant à 'être' le sens le plus large possible pour y inclure des idées aussi bien que des choses, des idées que nous imaginons avoir tout autant que des idées que nous avons réellement, je définirai la Priméité, la Secondéité et la Tiercéité comme suit :

" La Priméité est le mode d'être de ce qui est tel qu'il est, positivement et sans référence à quoi que ce soit d'autre, la Secondéité est le mode d'être de ce qui est tel qu'il est par rapport à un second, mais sans considération d'un troisième quel qu'il soit. LaTiercéité est le mode d'être de ce qui est tel qu'il est, en mettant en relation réciproque un second et un troisième : j'appelle ces trois idées catégories cénopythagoriciennes." (C.P 8.328).

Le sémioticien américain propose dans sa théorie trois formes d'existence du signe. Il les considère comme " trois modes d'être ".

" Phanéron est synonyme de phénomène : c'est ce qui est présent à un esprit, ici et maintenant, qu'il s'agisse de quelque chose de réel ou non " (1).

Chaque phanéron ou phénomène se compose de trois types d'éléments indécomposables.

 

a) La priméité (catégorie des possibles), " l'être de la possibilité qualitative positive " ( CP 1-23).

Ce sont les qualités (quality of feeling ) simples ou composites, " qualité du sentiment ". Cette catégorie correspond à un ressenti qui ne peut être pensé. Sur le plan de sa structure logique, la priméité est une monade.

b) La secondéité (catégorie des existants), " l'être du fait actuel (c'est-à-dire "en acte") " ( CP 1-23).

C'est la catégorie de l'individualité, des faits, de l'action et de l'existence. Elle appartient au monde physique. Du point de vue de l'analyse logique il s'agit d'une dyade.

c) La tiercéité (catégorie de la loi), " l'être de la loi qui gouvernera les faits dans le futur " ( CP 1-23).

C'est la catégorie des idées et de la pensée médiatrice. Elle n'existe que dans ce domaine en portant les deux précédentes et en les incluant. Au niveau de l'analyse logique c'est une triade.

Une caractéristique essentielle de ces catégories vient de l'organisation qui se fonde sur une hiérarchie logique. Un troisième implique toujours la présence d'un second, un second implique toujours un premier, mais l'inverse est logiquement impossible. L'homme ne vit que dans la tiercéité. Il n'accède à la secondéité et à la priméité qu'à travers la tiercéité (habitus, théories, concepts….).

Le mouvement de la pensée va du caractère indéterminé de la priméité, à travers un fait actuel (secondéité) jusqu'au plus général et déterminable de la tiercéité.

 

 

 

(" Collected Papers " C.P.....).Les numéros entre parenthèses correspondent aux numéros d'ordre des Collected Papers dont les textes sont traduits par G.Deledalle.

PEIRCE CHARLES SANDERS .. Par Gérard Deledalle " Ecrits sur le signe " Editions du Seuil 1978.

(1) http://www.univ-perp.fr/web/RCH/LSH/SEMIOTICS/MARTY/marty.htm

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